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Les capacités financières en place lors d’un transfert d’entreprise

Le trio cédant, repreneur et entreprise va voir ses capacités financières être analysées dans un contexte de transfert d’entreprise. En effet, l’analyse des besoins et des capacités de financement est une étape importante pour assurer un transfert réussi.

Réal Létourneau, associé-conseil en fiscalité, décortique les éléments à considérer pour chacun et présente leurs impacts sur la transaction.

Comment vous entourer pour réussir votre transfert d’entreprise

Vous avez investi temps, énergie, argent et passion dans votre entreprise, mais maintenant vous envisagez la vente ou un transfert. Il s’agit là d’un long processus qui demande beaucoup de préparation et qui n’est pas évident pour l’entrepreneur qui est touché autant financièrement qu’émotionnellement. D’autant plus qu’un bon nombre de transferts concerne les enfants et la famille.

Les experts s’entendent pour dire qu’il faut en moyenne sept ans pour qu’un transfert soit réussi. Parmi les 100 000 entreprises qui feront l’objet d’un transfert dans les dix prochaines années, le tiers seulement de ces transferts sera une réussite.

Pour réussir ce long processus, il faut s’entourer des bons professionnels. Le cédant pourrait ainsi éviter certaines disputes qui auraient pour effet de ralentir la transaction ou de lui nuire. Pour bien vous entourer, voici quelques recommandations :

– Assurez-vous d’avoir l’ensemble des expertises requises pour réussir votre transfert. Pour répondre aux enjeux tant émotifs que fiscaux et financiers d’un tel changement organisationnel, une seule et même personne ne pourra pas vous guider à travers les aspects humains, stratégiques, financiers, fiscaux et légaux du processus de transfert d’entreprise. Or, tous ces aspects sont tous aussi importants les uns que les autres.

– Entourez-vous de conseillers qui ont de l’expérience en matière de transfert d’entreprise et qui sont dotés d’une vision globale, car le succès de la démarche repose sur la capacité des conseillers de travailler en équipe.

– Choisissez une personne de confiance parmi ces professionnels, qui connaît la réalité de votre entreprise et les enjeux humains et relationnels qui y sont liés. Cette personne agira à titre « d’intégrateur » et aura une vue globale sur l’ensemble de vos besoins et de vos objectifs. Il sera important que vous ayez pleinement confiance en elle, car elle aura comme rôle d’identifier vos besoins et de faire intervenir les bonnes ressources au bon moment.

– Favorisez une neutralité. Les professionnels doivent vous donner une opinion objective et penser autant au cédant qu’aux repreneurs. L’objectif, dans ce cas-ci, consiste à favoriser la pérennité de l’entreprise et son développement futur. Votre conseiller doit être en mesure d’intégrer toutes les préoccupations de chaque partie prenante dans le processus de transfert (par exemple, un doute sur les capacités des repreneurs, des interrogations sur le rôle futur, la valeur de l’entreprise, etc.).

Habituellement, un transfert réussi repose sur la collaboration des experts suivants : des conseillers spécialisés en transfert d’entreprise, en planification stratégique et en gestion des ressources humaines, un directeur de comptes, un planificateur financier ou un investisseur en capital de développement, un expert en évaluation d’entreprise, un fiscaliste, un avocat, un expert-comptable, un notaire, sans oublier un consultant en gestion de la communication et médiateur familial et même, dans certains cas, un psychologue industriel.

En vous entourant des bons experts, vous serez sûrement en mesure de réussir votre transfert d’entreprise!

Trouver sa relève au sein de ses employés

Les activités de la Ferme Taillon sont diversifiées : production de céréales biologiques, ferme laitière, élevage de volaille, etc. L’un de ses employés, Olivier Milot, s’est toujours illustré au sein de l’entreprise, au point où, depuis les dernières années, il est en mesure de gérer l’ensemble de ses activités lorsque les propriétaires, les frères Christian et Daniel Taillon, ont à s’absenter.

Employé de confiance, Olivier Milot a acquis de l’expérience depuis qu’il a rejoint l’entreprise à l’âge de 14 ans. Ses efforts, son bon travail et son intérêt pour les activités de la ferme ont été remarqués par la direction et il est aujourd’hui présenté comme la relève pour l’entreprise.

« J’ai toujours eu un discours favorable aux releveurs sans ferme, explique Christian Taillon. De prime abord, nos enfants, à Daniel et à moi, ne manifestaient pas d’intérêt à reprendre la ferme. Ils ont trouvé leur passion respective et nous en sommes heureux. Or nous avions à cœur la pérennité de l’entreprise, et Olivier s’est présenté comme un bon candidat à la relève. »

Une fois les discussions entamées et l’intérêt d’Olivier à la reprise, confirmé, il n’a fallu que très peu de temps aux frères Taillon pour l’impliquer dans l’ensemble des activités de la ferme, de la production aux finances, en passant par les projets d’agrandissement et d’acquisition.

D’ailleurs, le plan de relève s’est officialisé en un temps record. « On avait pris notre décision et on voulait conclure le tout en huit mois, confie M. Taillon. Tout le monde disait que c’était impossible; normalement ça prend un à deux ans! » Le défi a été relevé grâce entre autres au travail de l’équipe multidisciplinaire qui a accompagné le processus de transfert. « On était douze autour de la table, se remémore M. Taillon. Des experts du Groupe multiconseil agricole Saguenay–Lac-Saint-Jean, de l’UPA, de Desjardins, de RCGT, en plus de notre assureur et de notre notaire, qui étaient également impliqués. On avait organisé nos rencontres à l’avance et chacun avait des mandats à remplir entre celles-ci. »

La bonne entente entre les parties prenantes et la bonne santé financière de l’entreprise ne sont évidemment pas étrangères au succès du processus traversé et de la convention établie. Les frères Taillon comptent poursuivre leurs activités au sein de l’entreprise encore plusieurs années, et le transfert se complétera progressivement.

Planifier le financement du transfert pour s’assurer que l’entreprise perdure

Régis Simard a fondé l’entreprise Les Forestiers F.A.J. inc. en 1995. Sa femme, Johanne, est y aussi impliquée en tant que secrétaire-comptable. Depuis quelques années, ils songent à céder l’entreprise.

« Je ne voulais pas la transmettre à n’importe qui, explique M. Simard. La pérennité de l’entreprise est importante. Ça faisait quatre ou cinq ans que j’en parlais à Jean-Louis, un employé clé qui est dans l’entreprise depuis 18 ans et qui est aussi marié avec ma nièce. » C’est à la suite d’un accident de la route, à 57 ans, que M. Simard décide d’enclencher clairement le processus de relève, ce qui accélère les choses.

Aux dires de M. et Mme Simard, Jean-Louis a toujours été un bon candidat pour la relève. Il est débrouillard, vaillant, polyvalent et il aime la forêt. Ce sont des qualités essentielles pour faire ce métier, selon eux. Pour devenir propriétaire, il faut être d’autant plus dévoué. Le travail est exigeant, on peut être parti pendant plusieurs jours ou se faire appeler à toute heure du jour ou de la nuit. « De nos jours, le travail est important, mais la famille et les loisirs le sont tout autant. C’est pourquoi, reprendre l’entreprise est une décision à prendre en couple. »

Une fois la décision prise, le plan de relève est établi. « Le transfert se déroule bien, avoue M. Simard. Il y a des hauts et des bas, le repreneur a ses attentes et, comme cédant, j’en avais aussi, mais avec une bonne communication on arrive à trouver un terrain d’entente. Ce n’est pas comme vendre. Tu veux que le releveur soit capable de garder l’entreprise. »

Tout se déroule en douceur, complète Mme Simard. Il y a de gros enjeux dans ce transfert, précise-t-elle. Le releveur est notre neveu par alliance, on voulait que ça se passe bien. Ça nous a aidé d’avoir un consultant externe comme intermédiaire pour coordonner le tout. On voulait que ce soit gagnant gagnant. »

« Il y a mille et une façons de faire un transfert d’entreprise, précise son mari. C’était important pour nous de nous assurer que Jean-Louis ne serait pas étouffé financièrement, sinon il n’aurait pas pu continuer. Ça prenait une bonne gestion et des gens d’expérience pour nous accompagner afin de trouver la bonne formule pour que l’entreprise perdure. »

Pour l’avenir, M. Simard souhaite que l’entreprise conserve sa place dans l’industrie tout en continuant d’offrir la même qualité et la même expertise qui ont bâti sa réputation depuis sa fondation.

Deux frère et sœur qui se complètent pour reprendre une entreprise en foresterie

Mireille Aubut est impliquée dans l’entreprise de son père, Excavation Aubut St-Pier, depuis maintenant plus de 15 ans. Le fait qu’elle soit une femme à la tête d’une entreprise dans le domaine de la foresterie peut en surprendre plusieurs, mais pour elle c’est tout naturel. « Pour moi, ça ne fait pas de différence, confie la gestionnaire, j’aime le secteur et je prône la forêt. »

Mireille Aubut a toujours eu la fibre entrepreneuriale, et c’est elle qui a entamé la discussion avec son père à propos du transfert de l’entreprise. Son frère Charles, aussi engagé au sein de l’entreprise, s’est également joint aux discussions et c’est aujourd’hui avec confiance que M. Aubut et Mme St-Pierre pensent transférer leur entreprise à leurs enfants.

Le frère et la sœur occupent respectivement un poste concernant les opérations et la gestion. « Je suis une personne fonceuse, qui va de l’avant et qui adore les nouveaux défis et les projets, complète la gestionnaire. Mon frère est davantage terre à terre, posé et analytique. On se complète comme dirigeants et c’est facile de travailler ensemble, car on partage la même vision et on a les mêmes valeurs. »

En plus de leurs qualités complémentaires, les releveurs font également preuve de courage et de ténacité. «  Nous ne sommes pas entrepreneurs parce que c’est à la mode, précise Mme Aubut. Ce n’est pas tous les jours glamour d’être en affaires. C’est souvent difficile financièrement, étant donné le contexte économique. On le fait parce qu’on y croit et que la flamme nous habite. » Ils sont également bien épaulés par leur oncle André St-Pierre, qui est toujours présent dans l’entreprise comme responsable de l’entretien et des opérations.

Mireille et Charles Aubut sont également très fiers de reprendre l’entreprise familiale et de pouvoir offrir une retraite confortable et bien méritée à leurs parents, qui ont bâti l’entreprise à la sueur de leur front.

Pour l’avenir, Mme Aubut voit l’entreprise évoluer en tenant compte des nouvelles conditions économiques. Elle la voit se moderniser pour conserver la qualité qui a toujours fait sa renommée et continuer d’évoluer dans le temps.

Le financement de la transaction de transfert d’entreprise

Le financement de la transaction est un élément décisif dans le cadre d’un transfert d’entreprise. Il existe différentes options à la disposition des repreneurs et des cédants pour leur permettre de mener à terme la transition. Au nombre de celles-ci on compte entre autres le prêt traditionnel, l’investissement du repreneur et la balance de prix de vente.

Réal Létourneau, associé-conseil en fiscalité, décortique ces options, leurs avantages et les situations lors desquelles elles peuvent être mises en place.

Communiquez dès maintenant avec un expert de votre région pour discuter du financement de votre transfert d’entreprise.

Le transfert de votre entreprise : 4 bonnes raisons de commencer à y penser dès maintenant

Le transfert d’entreprise est une transaction fondamentalement différente de la vente classique pour différentes raisons et celle-ci prend en moyenne de deux à huit ans pour être complétée. Plusieurs entrepreneurs s’y prennent à la dernière minute pour penser à leur plan de relève. Si vous êtes dans la cinquantaine et que vous souhaitez profiter d’une retraite bien méritée tout en assurant la pérennité de votre entreprise, il est impératif de bâtir votre plan de relève pour conforter une transition progressive et une meilleure cohabitation. Voici quatre bonnes raisons de le faire :

 

1. Identifier votre relève
Vous avez peut-être un fils, un neveu ou un employé clé qui travaille déjà au sein de l’entreprise et qui a le potentiel d’en reprendre les rênes. Peut-être en avez-vous déjà discuté, peut-être pas. Que votre relève soit claire ou qu’elle soit encore à définir, il est avantageux d’identifier les responsabilités à reprendre et d’évaluer quelles ressources ont les capacités et l’intérêt de le faire.

Les tests psychométriques sont un outil révélateur qui sert à cerner les personnalités et les compétences des ressources, qu’elles soient des membres de la famille, des personnes clés ou des externes, afin de bâtir l’équipe la plus solide à mettre en place pour prendre la relève et assurer la pérennité de l’entreprise. Une fois le potentiel de chacun évalué, de la formation et une passation du savoir-faire s’en suit et peuvent s’échelonner sur plusieurs années afin d’être bien complétées.

2. Maîtriser les différences intergénérationnelles
Si vous êtes un baby-boomer et que vous côtoyez des gens issus des générations X et Y, vous avez peut-être déjà remarqué quelques petites différences. Par exemple, pour vous, le travail a toujours été un élément central de votre vie et vous vous y êtes consacré corps et âme. Vous voyez aujourd’hui ces jeunes générations qui revendiquent un équilibre travail et vie personnelle… Vos visions détonnent!

Sachez composer avec ces différences intergénérationnelles et les transformer en forces. Par exemple, l’ouverture sur le monde et l’aisance avec les technologies des jeunes générations ainsi que l’expérience et le savoir-faire des baby-boomers sont des atouts à combiner. Selon notre expérience, on observe qu’en moyenne, ce sont trois repreneurs qui assureront la relève pour un cédant.

Dans le cadre d’un processus de transfert d’entreprise, vous et vos repreneurs devrez vous entendre sur plusieurs points liés à la gestion de l’entreprise. L’aspect humain est au cœur de ce genre de transaction et l’écoute, le respect et la communication sont des gages de succès.

3. Prévoir la fiscalité et le financement
La complexité des aspects fiscaux est une autre bonne raison pour planifier son transfert d’entreprise à l’avance. La structure de l’entreprise, la juste valeur marchande de celle-ci, la convention entre actionnaires, le gain en capital, la balance de prix de vente et le gel successoral dans le cadre du transfert sont des éléments qui ont des impacts sur la planification fiscale de la transaction.

Une attention particulière doit être portée au financement de l’acquisition d’actions, au type d’actions qui sont cédées, à qui paye l’évaluation de l’entreprise et les honoraires pour effectuer la transaction. Bien planifier ces éléments permet d’éviter qu’il y ait apparence d’accommodation. En d’autres termes, il importe de prendre le temps nécessaire pour que le transfert se fasse en conformité avec les critères des autorités fiscales qui veulent s’assurer qu’il n’y ait pas de « cadeau » servant à diminuer les montants à payer en impôt.

4. Avoir l’esprit en paix
Il est souvent difficile de se dégager de ses obligations quotidiennes pour planifier. Pourtant, prendre du recul, se poser les bonnes questions et avoir un plan est essentiel pour atteindre ses objectifs stratégiques, financiers, humains et opérationnels. C’est aussi le cas dans un contexte de transfert d’entreprise.
Avoir un plan de transfert écrit permet aux cédants de clarifier leurs attentes, préciser leurs réflexions et dégager les actions importantes à mettre en place pour les années à venir. Le fait qu’il soit écrit, permet aussi de l’officialiser et de le communiquer plus facilement aux différentes parties prenantes. Vous saurez quoi mettre en place, dans quels délais et avec la collaboration de quels intervenants.

Si vous planifiez votre relève ou souhaitez le faire éminemment, les experts de Raymond Chabot Grant Thornton de votre région peuvent vous accompagner. Communiquez avec eux dès maintenant!

La fiscalité en situation de transfert d’entreprise

La fiscalité est un aspect complexe d’un transfert d’entreprise et il est nécessaire d’en aborder tous les aspects. Par exemple, saviez-vous que l’assurance vie peut s’avérer une garantie pour la survie de l’entreprise?

Réal Létourneau, associé-conseil en fiscalité, précise en quoi celle-ci importe, tant pour le cédant que le repreneur. Il explique aussi l’importance de prendre en compte la structure de l’entreprise, la juste valeur marchande de celle-ci, la convention entre actionnaires et le gel successoral dans le cadre du transfert de l’entreprise.

Communiquez dès maintenant avec un expert de votre région pour discuter du plan de relève de votre entreprise!

Transfert d’entreprise : apparence d’accommodation

On dit souvent que le transfert d’une entreprise doit être planifié, et ce, pour différentes raisons. La complexité des aspects fiscaux en est une. Par exemple, certains critères sont à respecter lors d’un transfert d’entreprise pour éviter, entre autres, qu’il y ait apparence d’accommodation. En d’autres termes, il ne faut pas qu’il y ait de « cadeau » qui permettrait d’éviter de payer de l’impôt.

Sylvain Gilbert, associé en fiscalité, explique qu’une attention particulière doit être portée au financement de l’acquisition d’actions, au type d’actions qui sont cédées, à qui paye l’évaluation de l’entreprise et les honoraires pour effectuer la transaction, et que tous ces éléments doivent être planifiés.

Communiquez dès maintenant avec un expert de votre région pour discuter du plan de relève de votre entreprise!